Aime! Et ce que tu veux, fais-le!


aime et ce que tu veux fais le

J’ai profité des vacances estivales pour me plonger dans le livre d’Arthur Herlin et de ses entretiens avec Mgr Emmanuel Gobilliard et Thérèse Hargot, sur le thème de la sexualité.

Pour tout avouer j’étais extrêmement sceptique quant au sujet, ou plutôt la manière dont il allait être traité. Oui, parce que même moi qui suis catho et féministe, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout raccord avec le thème du sexe, de la vie sexuelle, tel qu’abordé généralement par les institutions catholiques. J’appréhendais de lire un autre ouvrage plein de belles pensées, le tout saupoudré de morale bien-pensante et de puritanisme d’un autre âge.

Un discours ouvert, direct et sans condamnation

Et finalement j’ai été relativement heureuse de constater que ce livre a au moins le courage de sortir de certains sentiers battus et rebattus et d’appeler un chat, un chat. Le travail du journaliste Arthur Herlin est assez complet en ce qu’il aborde la plupart des thématiques liées à la vie sexuelle. A cet égard, les interventions de Thérèse Argot sont vivifiantes. Son discours direct et peu puritain contrebalance celui parfois très langue de bois du Père Gobilliard.

Dans les aspects positifs sur le contenu du livre, l’attitude ouverte et humble de ce dernier est appréciable. Pas de « il faut que… » si de « ahhh c’est péché de…. », bref, pas (trop) de jugements de valeur, mais une attitude d’écoute et de profond respect de l’être humain. C’est un livre où l’on est loin du permis/défendu habituel assez stéréotypé de ce genre de thématique dans l’Eglise. Il est agréable de lire que le sexe est bon, que ce n’est pas un péché ; et encore meilleur finalement de lire que l’homosexualité n’est pas condamnée. Clairement, le parti pris ici est de dire que l’on n’en a rien à faire de l’orientation sexuelle des gens puisque tout le monde est appelé à la sainteté.

 

Mgr-Emmanuel-Gobilliard-Therese-Hargot-

 

Finalement le grand point positif de ce livre c’est qu’il est justement un pas en avant vers une discussion plus ouverte et plus respectueuse de tous les états de vie contemporains. Mais là où le bât blesse, c’est qu’il ne va pas assez loin. Ou alors disons peut-être plus justement que l’Eglise est tellement aphone sur le sujet, tellement en retard, tellement à côté de la plaque, que ce livre a au moins le mérite d’être un grand pas en avant.

 

Affaires de pédophilie dans l’Eglise

Un passage est consacre a la question très actuelle ces derniers jours des actes monstrueux de pédophilie dans l’Eglise. D’un côté l’on se réjouit de lire la condamnation de ces actes, l’empathie et la compassion envers les victimes et la volonté de faire quelque chose lors de la formation des prêtres. Pour autant rien n’est dit des actions concrètes envers les prêtres pédophiles qui sont actuellement en exercice, ou ceux qui ont été dénoncés. Rien sur le travail des diocèses pour « faire le ménage » et leur mea-culpa.

 

Eglise et PMA GPA

De la même manière il y a des éléments de discours qui me choquent encore. Par exemple quand on a des phrases de type « primat du confort et du bien-être… » dans un chapitre dédié aux PMA et GPA, est pour moi tout simplement ahurissant de bêtise et de non connaissance réelle de cette thématique. Sur ce sujet, les deux pensent encore que les personnes qui désirent un enfant (avec ou sans difficultés) sont dans un état d’esprit du « un enfant si je veux, quand je veux », qui ouvre la porte à toutes les justifications de PMA. A propos du désir d’enfants et des difficultés de procréation, que ce soit par rapport à mon propre parcours (difficile mais sans PMA) ou celui de mes amies qui sont passées par la PMA, aucune amie, aucun couple à ma connaissance ne m’a jamais dit « j’ai droit à un enfant » ou « je vais faire prélever mes ovules, par confort, pour pouvoir avoir un enfant par FIV plus tard ». En plus, sur ces questions particulières de la procréation et de la contraception, le discours est à deux doigts de critiquer les féministes qui, bien entendu, en demandant le contrôle de leur corps et des naissances, ont fait basculer la société dans un mode individualiste fortement condamnable. Alors il est vrai que le livre n’enferme pas la femme dans un rôle uniquement de procréatrice au sein de la famille, ni ne lui impose un modèle marial. Mais quand même….

Engagement et divorce

Dans l’ouvrage, je trouve que là où le discours pêche c’est que parfois Mgr Gobilliard et Thérèse Hargot établissent certaines généralités où l’on sent encore cette mentalité catho bien-pensante d’un autre âge. Et un regard assez condescendant parfois sur les gens. A cet égard, le discours sur le divorce est finalement assez convenu. L’on sent par exemple que « l’engagement » est la pierre angulaire de toute relation. Avec ou sans sexe. Et qu’il faut prendre le temps de se connaître dans une relation pour pouvoir s’engager véritablement. Et l’on a l’impression que hors de ce cadre, les gens ne sont que des immatures qui ne savent pas ce qu’ils font. Avec des raccourcis énormes du style avoir plusieurs relations avant le mariage c’est finalement montrer que l’on n’arrive pas à s’engager ou que l’on « essaye » la personne. Mais franchement, encore une fois, pas un seul ou une seule de mes amis qui a eu des relations (hétéro ou homo) avant son mariage n’a jamais dit « j’essaye jusqu’à trouver le bon – la bonne » !!! Et en aucun cas cela ne voulait pas dire que la personne n’était pas investie dans cette relation qu’elle avait à 20 ans ! De la même manière, dans le livre on a l’impression que le sexe sans engagement est finalement une relation sexuelle qui ne respecte ni soi ni l’autre ! Encore une fois, que ce soit personnellement ou autour de moi, nous sommes plusieurs à avoir ou avoir eu des relations sexuelles hors cadre d’un engagement, sans que nous soyons des dépravés qui ne respectaient rien ! Qui peut dire quand on a 20 ou 25 ans quel va être notre chemin de vie amoureux ?

Ainsi, si le livre aborde beaucoup de thématiques, et qu’il s’éloigne certes de condamnations systématiques (bouh c’est pas bien/ c’est permis/ interdit), il n’en demeure pas moins que je n’ai pas aimé cette manière de considérer parfois les gens comme immatures dans leurs relations sexuelles. Tout le livre n’est qu’exigence dans la relation (et il en faut, je le reconnais ! ) et sauf cette condition, les personnes sont paresseuses ou égoïstes. (Merci les condamnations de « la société individualiste » tout au long de l’ouvrage !).

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