Confinement des disciples et autodéconfinement de Jésus


Les Evangiles me font toujours éclater de rire. Ou en tout cas, leurs clins d’oeil me font beaucoup sourire.

Alors que je jetais un coup d’œil distrait sur l’Evangile de ce dimanche, devinez sur quoi que je tombe ? La première rencontre entre des disciples confinés et Jésus auto-déconfiné (ressuscité pour ceux qui veulent le terme théologiquement correct)

Une histoire de confinés. Une histoire de confinés qui ont peur.

J’éclate de rire.

Voici le début de l’histoire des confinés qui ont peur. Pour le reste de l’histoire où Thomas qui n’était pas là se demande vraiment si ses potes ne lui font pas une mauvaise blague, vous souhaitez lire une de mes bafouilles c’est ici

(Jn 20) C’était après la mort de Jésus.
        Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »

Revenons à nos disciples donc. Ils ont peur, ils sont terrés chez eux.  Cela ne vous rappelle rien ?

Eux ont peur des Juifs qui pourraient les dénoncer aux romains comme étant des disciples de Jésus Christ. Ils ont peur de subir le même sort et finir sur une croix. Alors que nous sommes terrés à cause d’un virus.

Ils ont peur pour leur vie. Ils ont peur pour leurs proches. Ils ont peur du futur.

Comme nous.

Alors chers lecteurs, pas de grandes homélies aujourd’hui. J’avais juste envie de vous écrire ceci: je n’ai pas de grands pouvoirs. Je suis comme vous confinée derrière mon ordinateur. Et j’ai peur. Je n’ai pas l’héroïsme des soignants. Je n’ai pas les qualités de ceux qui peuvent vous proposer plein de belles choses à faire chez vous (du sport, de la musique) et vous distraire de ce quotidien parfois pesant. OK, sauf si vous avez envie de faire du pain et des brioches. Bref, mon seul pouvoir de chrétienne est de pouvoir vous dire deux choses :

Que la Paix soit avec toi.

Puisses-tu être débarrassé, au moins pour quelques minutes de la peur, de l’angoisse, de la honte, de tout ce qui peut embrumer tes pensées. Plus de tourments, plus de peine, plus de souffrance. Et puisse-tu avoir dans la tête, dans le cœur et dans le corps ce sentiment où tout est calme et aimant. Oui, que la Paix soit avec toi.

Dieu t’aime

Et mon autre super-pouvoir est de te dire et te répéter une chose : tu es aimé (e) de Dieu. Je te le répète parce que des fois, on peut avoir tendance à penser que l’on ne vaut rien et que ce qui nous arrive est la faute d’un dieu vengeur. Voire d’un dieu absent.  Alors je veux te le redire avec tout mon cœur, avec toute mon âme : tu es aimé. Tu es aimé de Dieu.

Tellou

Le blog culinaire et spirituel d'une expat au Moyen Orient.

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4 commentaires

  • LEVY
    19 avril 2020 at 18:37

    Un très beau texte ! Mais je rebondis sur un autre, dont une phrase m’a toujours laissé pensif. « Par peur de juifs » : comment ces juifs confinés auraient-ils eu « peur de juifs » ? Peur des gens du Temple, peur des pharisiens, on comprendrait. mais peur de leur peuple désigné comme tel, comme ils auraient eu peur, par exemple, des Romains … Ce qui renvoie sans dote à l’histoire du processus d’écriture des évangiles.

    • Tellou
      Tellou
      23 avril 2020 at 17:51

      Bonjour Levy et merci de votre commentaire. En ce qui concerne les « Juifs » tels que cités par Jean, je pense que cela peut s’expliquer de deux manière. La première est la communauté à laquelle s’adresse Jean, vers 100, est celle d’Ephèse, (sur la côte turque actuelle), mais ville très empreinte de culture grecque. Si Jean s’adresse à cette communauté, il mentionne peut-être les Juifs de Judée de manière globale, sans préciser s’ils sont pharisiens ou d’autres courants spirituels de l’époque, ou s’ils font partie éventuellement du sanhédrin qui a condamné Jésus.

      L’autre explication qui est parfois donnée est, puisque Jean est lui-même Juif, il désignerait comme « Juif » ceux qui refusent Jésus. Il est évident que ce dernier sens a malheureusement favorisé parfois un antisémitisme chrétien….à l’opposé de ce que Jean dit!

      Merci encore de votre passage te votre commentaire!

  • LEVY
    24 avril 2020 at 15:33

    Tous mes remerciements pour votre très intéressant et très cordial retour.
    Je partage toute votre réticence sur la deuxième explication. Outre de seconder l’antijudaïsme chrétien, elle a aussi contre elle le fait qu’au premier siècle, ce qu’on désignera comme le christianisme, est principalement vécu comme un « judaïsme chrétien » (schématiquement, reconnaissant Jésus comme le Messie). C’est du moins la thèse qui me semble prévaloir dans les travaux récents des historiens.
    Pour la première explication, je la retiens – mais avec une réserve. Celle qui viendrait de ce que la communauté d’Éphèse,à laquelle s’adresse l’école de pensée de Jean eût été constituée d’habitants de la côte d’Asie mineure, de culture grecque, déjà convertis au judaïsme – dans le grand mouvement de prosélytisme juif qui s’est ouvert après les conquêtes d’Alexandre et la mise en relation en résultant entre (notamment) le monde grec et la société hébraïque.
    Je me réfère ici aux ouvrages de l’historien israélien Schlomo Sand, dont je trouve que les thèses sont soutenues par la vraisemblance historique. Plus globalement, il me semble également de l’ordre de la vraisemblance que les émissaires du judéo-christianisme se soient d’abord adressés à ces communautés de juifs convertis qui devaient être fort nombreuses tout autour de la Méditerranée – et qui semblent bien se faire identifier par la liste des destinataires des lettres de Paul (de Corinthe à Rome en passant par tous les autres).
    Chacune de ces communautés – autant de « comptoirs » juifs à gagner – jouant le rôle de relais dans l’entreprise de conversion.
    Je mettrai donc en parallèle avec votre explication première l’hypothèse que la mention de ces « juifs » qui inspirent de la « peur », tiendrait à un ajout tardif – l’effacement alors intervenu de la commune identité juive existant entre juifs devenus « chrétiens » et autres juifs du rejet messianique, faisant que la formulation de cette mention ne risquait plus de surprendre ses lecteurs.
    Encore merci de votre aimable attention.
    Didier Lévy

    • Tellou
      Tellou
      27 avril 2020 at 09:33

      Merci beaucoup Didier de votre retour! Et merci de la référence bibliographique! A très bientôt!

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