Différence n’est pas inégalité!


Photo by Ioana Casapu on Unsplash

« Tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 18-24)

Le Seigneur Dieu dit :
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
    Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel,
et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait.
C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun.
    L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs.
Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
    Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit.
Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place.
    Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme.
L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair !
On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
    À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

Diviser pour faire un

Quand je lis ces versets, j’admire la beauté d’un texte où Dieu commence par dire qu’il n’est pas bon que l’être humain soit seul, un, unique, et qu’il se termine par justement une complétude, une unicité. Quel paradoxe que ce Dieu qui divise l’être humain en deux sexes pour mieux l’unir et en faire un être complet !

Mais revenons un instant au texte et à quelques subtilités de traduction de l’hébreu.

Histoire d’un être de “terre”

La bible en français traduit par « homme » ce que l’hébreu a écrit «adam »,qui renvoie à la terre dont est tirée l’humanité. Adam est un.e “terreux.se” Le mot hébreu à cet instant se réfère à toute l’humanité. Ce n’est ni l’homme ni la femme qui sont venus en premier. C’est cet humain générique qui reçoit le souffle de vie de Dieu. Cet être humain que Dieu place dans le jardin d’Eden n’est pas sexué dans le texte. La bénédiction divine a été donnée à l’être humain, homme et femme, à égalité, et c’est cette humanité qui est à l’image de Dieu.

De la même manière, lorsque la Bible française traduit « aide » pour cet homme, elle essaye maladroitement de traduire le concept « ezer kenegdo ». « ezer » a une connotation d’intervention active au nom de quelqu’un, une présence qui assiste un sujet pour réaliser une œuvre. De plus « ezer » et est adossé à « kenegdo » qui signifierait « être l’opposé de quelqu’un, être sa contrepartie ». Du coup, cette « aide » qui dans notre langue implique souvent une subordination d’un être à l’autre, est un peu loin de ce que le texte biblique pourrait faire sentir. A traduire « aide », nous perdons la dimension d’accompagnant dans la création que Dieu cherche à trouver pour cet être humain. Dieu sent bien que cet être humain est incomplet, et qu’il a besoin d’un partenaire qui va l’aider à grandir, à se réaliser ; une personne à qui parler.  Et d’une certaine manière pour rendre complet cet être humain, il va le diviser, il va le séparer comme le reflet d’un miroir : ish l’être humain masculin et isha, l’être humain féminin. Pour réaliser l’unité « et tous deux ne feront plus qu’un ».

Et quand l’homme exprime enfin sa joie, je ne pense pas qu’il exprime que la femme est issue de lui et en quelque sorte lui appartient « os de mes os, chair de ma chair », mais plutôt que contrairement aux autres êtres vivants qui ne pouvaient être ce double de lui-même, ce miroir, la femme est de la même « espèce » que lui.

Egalité, complémentarité

Là où souvent la théologie chrétienne en matière de relations entre les sexes s’est égarée, à mon avis, c’est qu’elle a dissocié les notions de différence et d’égalité en disant que la différence impliquait l’inégalité. D’où son obsession de la « complémentarité », sensée gommer l’inégalité. Femmes réjouissez-vous d’êtres des « aides » nous dirait la Genèse, puisque différentes, vous n’en n’êtes pas moins complémentaires ! Or la différence peut tout à fait impliquer l’égalité. Il n’est pas dit dans le texte que l’homme domine la femme ou que la différence des sexes autorise l’un des deux à exercer une domination sur l’autre. Il est seulement dit que dès la Création, l’homme et la femme sont à égale dignité quand ils reflètent l’image divine. L’humanité est bénie. Homme et femme ils sont bénis et c’est lorsqu’ils sont unis que l’homme et la femme offrent au monde la plus belle image de Dieu.

Tellou

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