Cours de cuisine made in Bible : la vengeance est un plat qui se mange froid.


Aujourd’hui, Jésus, dans un de ces enseignement sur la montagne (mais qu’est- ce qu’il avait à être tout le temps sur une montagne hein ? ), le tout relaté par Matthieu (chapitre 5), revisite la loi du Talion à sa sauce « Peace and Love ». Comme dirait l’autre : « magnéto Serge ! » :

« Vous avez appris qu’il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter. »

La vengeance, l’injustice. Que faire quand nous sommes dans des états pareils ? C’est encore ici un des enseignements de Jésus les plus durs à suivre. (Qui a dit : « le plus stupide ? »)

Ce qu’il faut déjà savoir, c’est qu’à l’époque très lointaine de l’Exode et au moment où cette loi du Talion a été édictée pour les Juifs c’était pour limiter la casse : en gros tu ne te vengeras pas plus que ce qui t’a été infligé. Sinon c’est l’escalade sans fin dans la violence. D’où, « œil pour œil, dent pour dent » et non pas « arrachage des deux yeux pour égratignement de l’un et désingage de tout le dentier pour une dent tombée ».

Forcément Jésus, grand malin, nous incite à aller encore plus loin : une baffe ? Tends l’autre joue !! C’est d’une telle simplicité que même lui ne l’a pas mis en pratique !! Ben oui, rappelez-vous ! Devant le grand prêtre quand il est arrêté et qu’il se prend une taloche, c’est marrant hein, il ne tend pas l’autre joue !!! C’est finalement ce qu’il y a de bien avec Jésus : c’est pas Superman…et c’est pour cela je trouve qu’il est d’autant plus crédible. Il ne dit pas « Il faut que…et si vous n’y arrivez pas vous n’êtes qu’une bande de nuls », je pense qu’il dit juste « il faut que…mais si vous n’y arrivez pas, c’est pas grave, je vous comprends, je suis passé par là, mais ensemble on va y arriver ».

Vivre les Béatitudes à fond. Ca c’est le super challenge. Dépasser la violence en présentant son opposé pour désarmer. Finalement c’est ce qu’a fait Gandhi. Marthin Luther King aussi. Ah oui, mais eux ce sont des supers mecs !. Moi je ne serai jamais comme ça ! Je le sais bien puisque dès 9h le matin, il y a des jours j’ai envie de baffer mon boss sans même que lui m’ait envoyé la première baffe ! Idem avec la grognasse de service contre qui je fomente lentement ma vengeance. C’est quoi alors le message pour moi aujourd’hui ? Parce que si Jésus pense que je vais m’écraser devant ceux qui me font du mal, il se met le doigt dans l’œil ! (avec tout le respect que je dois à sa divinité)

Je ne crois pas que ce qui est demandé ici c’est de nous écraser devant la violence. C’est de rester digne. Ne pas faire les carpettes, mais de prendre sur soi, même si c’est pas facile. Et cela ne l’est pas ! Ne pas accepter l’injustice non plus. Et dans le monde dans lequel je vis, c’est vraiment pas facile, parce que non, on sait très bien que si on tend l’autre joue on passe pour la bonne fifille un peu bête sur qui on peut allègrement piétiner. Je n’ai pas de réponse toute faite. J’ai juste un idéal vers lequel tendre en sachant fort bien que c’est pas gagné. MAIS, j’ai un atout considérable : d’une part l’amour de Dieu (ah ah, les méchants font moins les malins hein ?), et d’autre part sa miséricorde : je suis déjà pardonnée… de quoi me transformer de Miss Vengeance à Miss Justice et Paix !

Tellou

Le blog culinaire et spirituel d'une expat au Moyen Orient.

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4 commentaires

  • piroulie
    16 juin 2008 at 14:20

    J’aime beaucoup le ton de tes billets qui donne un air de jeunesse à la religion tout en abordant des thèmes serieux ou des problèmes de fond
    bisous

  • Florence
    16 juin 2008 at 14:20

    C’est vrai que tendre l’autre joue, peu de gens comprendraient le message ! Cela pourait certainement être pris comme de la provocation ! Tout à l’heure, j’ai entendu sur radio notre-dame un prêtre commenter ce passage d’évangile d’aujourd’hui et cela m’a interpelé. Il disait que Jésus, quand il dit de tendre l’autre joue, ne dit pourquoi et peut-être que c’est pour recevoir un baiser et non une autre gifle ! Tendre l’autre joue, ce serait donc donner à l’agresseur une chance de changer d’attitude envers celle qu’il agresse. Avoir l’espérance qu’il se rendra compte du mal qu’il a fait et qu’il changera d’attitude ! Cela ne veut pas dire de tendre l’autre joue physiquement mais d’avoir cette attitude de miséricorde et d’espérance vis-à-vis de l’agresseur.
    Qu’en penses-tu ?
    Et quand Jésus dit « Donne à qui te demande », cela peut aussi sembler irréaliste ! Nous sommes si souvent sollicités ! Mais comme dit Saint Augustin : « Donne à qui te demande mais pas ce qu’il te demande ». Donc, donne à qui te demande ce que tu peux donner et qui correspond à tes valeurs, chrétiennes par exemple. Par exemple, ton enfant te demande une cigarette. Tu vas lui donner des infos et des conseils pour qu’il ne fume pas parce que tu sais que c’est mauvais pour la santé ! Il a demandé, tu as donné !
    C’est aussi ce qu’il se passe lorsque nous prions. Dieu nous répond toujours mais pas souvent comme on l’aurait voulu. Mais mieux, d’ailleurs, car Il nous connaît mieux que nous-même et sait ce qui est bon pour nous !
    Finalement, Jésus ou Dieu nous demande toujours de l’imiter.

  • Patrick
    16 juin 2008 at 14:20

    Ce qui fait mouche dans ta démonstration, je dirais que là où certains vont te trouver « irrévérencieuse », moi j’éprouve comme jamais une sensation de proximité.
    Les précieuses ridicules parleraient d’un soufflet et poseraient ce constat sur un piédestal majestueux, toi tu dis que Jésus s’en prend une, qu’il morfle et qu’il est pas très fier. c’est pas très évident de faire comme il recommande. C’est que même pour lui il peut y avoir une distance à combler entre les principes formulés à froid et la réalité vécue.
    C’est que l’incarnation, quand on s’appelle Jésus, ça peut consister à se faire traîner plus bas que terre comme ça nous arrive à nous. C’est aussi pour nous l’espoir fou qu’on est tiré vers le haut en dépit de tout.

  • Genevieve
    16 juin 2008 at 14:20

    Et voilà pourquoi je suis devenue une inconditionnelle de ce blog… démonstration magistrale comme toujours de l’évangile du jour. Qui de surcroit suscite des commentaires tout aussi riches. Je n’en rajouterai pas…Bises.

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