Deux guérisons exceptionnelles! (Il est vraiment très fort ce Jésus…)


commentaire Mc 5, 21-43

 

Jésus est-il un guérisseur?

Plus fort que toutes les séries télé, voici l’Evangile de Saint Marc qui nous tient en haleine avec la montée puis à la chute d’une star (puis encore sa renaissance). Tout y est : le drame d’une naissance dans un contexte politique violent, un grand prêcheur dont les paroles amènent les foules et qui promet le Royaume de Dieu, des jalousies, des disciples….de quoi vous tenir scotcher devant l’écran. Nous en sommes donc à l’épisode où Jésus qui a assis sa popularité par des prêches et notamment ses paraboles (Mc 4), commence à agir de manière spectaculaire : il calme une tempête (Mc 4, 36-41)  et chasse le démon du corps d’un homme (Mc 5, 1-20). Bref, nous sommes dans une contexte où sa popularité est à son maximum et où des foules le suivent et viennent chercher soit une parole soit des actes guérisseurs. Et dans l’épisode d’aujourd’hui nous allons assister à deux guérisons exceptionnelles chez deux femmes que tout oppose qui se retrouvent dans une situation similaire. Ce qui est ironique dans cette situation, c’est que l’un des protagonistes a probablement validé l’exclusion de l’autre.

 

Une femme qui a ses règles et une jeune fille de bonne famille

Nous avons donc un homme intégré socialement et religieusement : Jaïr, un des chefs de la synagogue dont la fille est gravement malade. Le père est un homme important. La fille est donc une fille importante dans sa communauté.  Et puis nous avons cette femme qui a des pertes de sang intraitables depuis des années. Or chez les juifs, une femme qui a ses règles est impure durant toute la durée de ses menstruations et ne peut être touchée par personne. Cette femme est donc considérée comme impure depuis 12 ans et donc mise au ban de la société depuis tout ce temps. Il est fort probable qu’au-delà de la douleur physique s’ajoute la douleur psychologique d’être une exclue. Elle n’a pas été touchée depuis 12 ans. Nous Français qui nous faisons la bise tout le temps, imaginons ce que cela peut représenter de ne même pas être approchée, touchée !

Les deux sont au désespoir et n’ont plus rien à perdre. C’est peut-être cela qui pousse à l’audace d’approcher un homme qui pourrait être un guérisseur.  Il ne leur reste plus qu’une chose : la folie d’un peu de foi en Jésus. Jair se jette à ses pieds, ce qui ne devait être pas banal pour un grand chef de synagogue qui a plutôt l’habitude du contraire. Imaginons trente secondes un responsable de nos communautés se jeter aux pieds du premier guérisseur venu pour lui demander humblement de l’aide. Il en faut de l’audace et de l’humilité ! Et pourtant Jésus est touché par Jaïr et va arrêter le cours de sa journée pour aller chez lui.

 

Toucher et être touché

Et c’est là qu’il est interrompu par cette autre femme qui elle, ne vient pas en face de Jésus pour lui demander de l’aide (n’oublions pas qu’elle est une exclue ! Elle a probablement peur et a l’habitude de se cacher, de rester aux marges. Elle pense probablement que jamais un rabbi ne lui accorderait la moindre attention). Elle touche Jésus. Qui est touché par cette femme, sa désolation, sa vie aux marges de la société. La guérir c’est la faire passer d’impure à pure. C’est lui redonner un statut dans la société. C’est faire en sorte qu’elle puisse être touchée à nouveau.

Puis Jésus se rend chez Jair à qui l’on annonce qu’il est trop tard et que sa fille est décédée. Jésus touche la jeune fille. (Or toucher un mort rendait impur). Il lui prend la main et lui demande de se lever, puis de manger, actes tout simples d’une vie qui continue.

 

Remarquons ici comment les deux femmes entrent en relation avec Jésus. L’une qui était exclue, aux marges de la société, se fraye un chemin au centre pour toucher Jésus. L’autre qui était de son vivant était probablement au centre de sa communauté, est maintenant aux marges de la vie. C’est Jésus qui va aller la chercher dans ses ténèbres. Deux statuts sociaux très différents et pourtant une même détresse et une égale considération de la part de Jésus. Par deux fois dans une même journée Jésus a touché ces êtres déclarés impurs et par deux fois il est passé outre. Il passe au-delà de l’impur et purifie. Il passe au-delà de la mort et ramène à la vie.

La mort, la maladie, l’exclusion n’arrêtent pas Jésus. N’arrêtent pas Dieu. Le sage de la première lecture du jour nous le redit : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir. »

 

(Article initialement publié pour Témoignage Chrétien le 28 juin 2018)

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