Jean-Michel Jarre, Bernard Koushner et Elie….


11 Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ;

12 et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.

13 Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? »

Ohé du bateau de la spiritualité. Je reprends ici mon propos sur Elie, suite à ma petite catéchèse sur la théophanie (bouhhh les gros mots cathos).

On reprend donc : Elie, c’est un peu le Jean-Michel Jarre de la Bible. Spectacle en son et lumière. Depuis Rois 17 Elie n’arrête pas : et vas-y que je donne à manger et boire à une veuve de manière miraculeuse bien entendu, que je ressuscite le fils de la dite veuve, que je demande à Dieu de se manifester par le feu etc… Elie est dans l’action. Un mélange de Bernard Kouchner époque somalienne et Jean-Michel Jarre pour le côté spectacle son et lumière. Forcément, là, c’est clair, on voit bien l’action de Dieu. Ca force le respect…et la croyance. Tu veux croire que le Dieu unique existe, et pas tes idoles à deux balles, tiens, voilà un miracle.

Mais tout ce tapage finit même par lasser Elie qui part dans le désert (outre le fait qu’il doit fuir pour sauver sa peau). Dieu est-il vraiment ce feu ? Ce massacre ? Elie se rend compte de lui-même qu’il est à deux doigts de sombrer dans l’idolâtrie et de prendre Dieu pour ce qu’il n’est pas. Et il en est profondément malheureux.

Dieu va venir à sa rencontre et Elie se tient prêt ! Et il attend ! Ouragan, orage, tremblement de terre, feu. Elie les voit passer, mais Dieu n’est pas dans ces éléments. Une brise légère et là Elie reconnaît Dieu.

Le Dieu chrétien n’est pas un Dieu de l’esbroufe. Mais ça on le savait déjà puisque chaque année, le 25 décembre, on met ses jolis habits du dimanche pour célébrer…un bébé né dans une étable. Ce n’est pas un Dieu qui cumule les superpouvoirs de Superman, Batman et Spiderman.

jean michel jarre

Et pour le rencontrer, il ne faut pas forcément s’attendre à de grandes choses en son et lumière. Juste du calme. Mais c’est un peu le propre du dialogue. Je ne sais pas vous, mais je trouve toujours plus agréable de parler à quelqu’un sans hurler, ou dans un cadre. Quand j’allais en boites de nuit, pour parler à quelqu’un il fallait se pencher vers lui et lui hurler dans l’oreille. OK, ça aidait bien pour draguer. Par contre, pour la conversation et le dialogue, on repassera. C’est vrai qu’à part « tu veux un whisky-coca ? » et « On s’éloigne des autres…. ? » les dialogues n’allaient pas loin. L’échange (mis à part celui de fluides corporels) n’allait pas loin non plus.

Mais souvent le silence même est redoutable. On se retrouve en face de soi…et en face de l’autre quand on est deux. En famille par exemple, la télé en bruit de fond « sauve » du silence qui obligerait éventuellement à se parler. C’est pas toujours évident. Et pour Dieu, c’est pareil : se retrouver dans le calme, pour l’entendre murmurer…..

Et puis il y a aussi des moments où, même dans le calme, l’on peut être paumé aussi, comme Elie : qui est vraiment Dieu ? Qu’est-ce que j’attends de lui ? Qu’est-ce qu’il attend de moi aussi (de l’esbroufe ? des massacres ?). Est-ce que j’ai vraiment entendu l’appel de Dieu et est-ce que ce qu’il me demande c’est bien de faire des compétitions ? De faire des supers shows à sa soi-disante gloire ?

Ce calme, ce murmure nous pousse à une certaine introspection où l’on va forcément rencontrer Dieu, puisqu’il est en nous. Mais sommes-nous prêts à entendre ce qu’il a à nous dire, ou vaut-il mieux continuer à mettre du bruit là-dessus ? Je ne parle pas forcément ici de grands appels de Dieu du style « lâche tout et fais-toi bonne sœur ! ». Non, je parle de choses plus concrètes, plus accessibles. Par exemple, la problématique de se tourner vers des idoles pour un résultat immédiat est toujours présente, comme chez Elie. Et je suis la première à y succomber. Il est nettement plus facile pour moi d’adorer mon banquier et lui demander d’être un maximum rentable avec mes fonds, plutôt que d’aller chercher au fond de moi, et prier Dieu de m’offrir un cœur plus tourné vers mon prochain (et donc par exemple des banques avec des produits financiers plus « développement durable », plus coopératifs et sociaux.) De même, je crois que nous sommes beaucoup, qui, quand on galère pour un emploi ou pour avoir un enfant par exemple, à être prêts à aller faire des sacrifices pour n’importe quel Dieu, si en échange, nous obtenons ce que notre cœur souhaite.

Alors, un peu de brise fraîche dans nos vies….

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