Eid al Adha, Roch Hachana, Pâques: un homme en commun, Abraham


Ces derniers jours dans mon coin d’Arabie, comme dans
beaucoup d’endroits dans le monde, les musulmans ont fêté l’Aïd al Adha ou fête
du sacrifice. L’occasion de revenir sur un épisode et une figure commune aux
trois principales religions monothéistes : judaïsme, christianisme et
islam.

 

Pour ceux qui auraient oublié l’histoire elle se trouve
dans Genèse 2 ou Coran XXXVII – 111: Dieu demande à Abraham de dresser un autel
pour faire un sacrifice : son fils. Abraham obéit, mais au dernier moment,
Dieu l’arrête et c’est un bélier qui est sacrifié à la place.

 

Quelle qu soit notre religion, l’histoire peut nous paraitre
à tous horrible et insensé. Quel homme, même rempli de foi, irait sacrifier son
fils pour Dieu, son unique fils qu’il a d’ailleurs eu tant de mal à avoir ?
Sacrifier un enfant ???? Dieu était fou ????

 

Non Dieu n’était pas fou. Les israélites qui les premiers
ont raconté cette histoire d’Abraham vivaient à une époque où les sacrifices
des premiers nés étaient encore monnaie courante, afin d’apaiser la colère de
dieux païens, ou de leur demander quelque chose. C’est donc bien d’une rupture
qu’il s’agit là : le Dieu d’Israël, notre Dieu de chrétiens, de juifs et
de musulmans ne demande pas de sang. On ne fait pas plaisir à Dieu en
sacrifiant un être humain. En poussant le raisonnement un peu plus loin, on
peut même y voir l’interdiction faite par Dieu de porter la main sur un autre
être humain en son nom. Dieu amour, Dieu de l’Alliance, Dieu craint, ne peut
désirer la mort d’êtres humains. Et il ne s’en réjouit jamais.  

 

L’autre partie de l’histoire qui nous touche tous est cette
obéissance d’Abraham à Dieu. Cette confiance absolue. Par cette confiance
absolue lors de cette mise à l’épreuve, Abraham devient le symbole de l’Alliance
entre Dieu et les hommes, et un modèle de croyant non pas aveugle, mais
confiant.

 

Quand je relis cette histoire aujourd’hui, je suis heureuse
de savoir que nous sommes trois religions à nous réunir autour de ce
personnage. Parce que quels que soient nos chemins spirituels, Abraham nous
apprend encore beaucoup. A quel point sommes-nous capables aujourd’hui d’avoir
confiance en Dieu ? A quel point sommes-nous capables de laisser entrer
Dieu dans nos vies ? Mais surtout, ce qui m’interpelle aujourd’hui dans l’histoire
d’Abraham, c’est qu’à l’heure où dans le monde les chrétiens, les musulmans ou
les juifs sont attaqués, tués, chassés, dénigrés pour leur foi, ce Patriarche
nous rappelle que jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais
jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais
jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais
Dieu n’a demandé
que du sang humain soit versé en son Nom.

Tellou

Le blog culinaire et spirituel d'une expat au Moyen Orient.

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Un commentaire

  • maudub
    13 juin 2011 at 14:04

    Oecumenisme…
    Œcuménisme, l’ermite saharien
    Je parcourais alors ( 1958/1964 ) les pistes sahariennes pour le compte d’un distributeur de pétrole, les missions étaient diverses et variées, et les parcours tous azimuts… Plusieurs fois, je descendais de Laghouat à Tamanrasset, et un jour je m’arrêtais à l’ex bordj militaire d’In Amguel, situé entre la célèbre base des essais nucléaires français d’In Ekker et Tamanrasset. Le bordj était pratiquement en ruines, mais le corps du bâtiment était solide, il y avait des murs et le toit était toujours en place…
    Je vis arriver vers moi un grand échalas, vêtu d’une djellaba blanche, le visage souriant et accueillant… Bonjour… Salâm alaikoum… alaikoum salâm…Le bonhomme m’emmena à l’arrière du bâtiment, à l’ombre, on était au mois de juin, et le thermomètre devait friser les 42/45°… Nous voilà assis en tailleur devant un petit brasero ou une minuscule bouilloire chauffe l’eau du thé.. Pas de paroles, des sourires, des gestes de mains, jusqu’au moment ou le thé coule dans les petits verres… Cet homme au visage émacié sourit continuellement, ses yeux, d’une profondeur incroyable, sont déjà loin des petitesses de la terre et vous transpercent la boite crânienne comme un rayon laser… En quelques secondes, il m’a déjà totalement analysé, pénétré, investi, jaugé, jugé des pieds à la tête et son sourire extatique me dit que son examen m’est favorable…. Nous buvons tranquillement les tasses de thé rituelles, nous nous levons, il me salue profondément, pose la main sur son cœur, et toujours illuminé par son sourire extatique, se dirige vers une mosquée symbolique, simplement tracée de quelques pierres sur le sol, se prosterne et entre en prière… Je retourne vers mon camion, récupère quelques paquets de pâtes, de la sauce tomate, une bouteille d’huile, reviens sur mes pas, c’est alors qu’une vieille femme sort du fortin, prend mes paquets et me serre dans ses bras… Je suis repassé là, six ou sept fois, je me suis toujours arrêté, ai toujours reçu l’hospitalité royale de cet envoyé de Dieu accompagné de son éternel sourire…ai continué à déposer quelques simples victuailles de première nécessité aux pieds de la vieille femme qui me serrait dans ses bras, comme si j’étais son fils. « 

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