Allées et venues


La parabole du fils prodigue est une histoire où l’on entre et où l’on sort. Ou l’on part et l’on revient. Cheminons un peu avec ces deux frères et leur père.

Le plus jeune fils d’un homme part pour un pays lointain puisque c’est bien connu que « l’herbe est toujours plus verte de l’autre cote de la barrière » et qu’« il faut que jeunesse se passe ». Puis, n’ayant plus rien pour vivre, il est embauché pour aller garder les porcs et est donc envoyé un peu plus loin (aux champs, ou un peu plus loin au fond de son propre tunnel…). Alors que la distance entre lui et son père, sa vie d’avant, ses aspirations présentes s’agrandit, il « rentre en lui-même ». Il n’est pas écrit « il pensa » ou « il réfléchit ». Il est écrit : « il rentra en lui-même », comme si la maison, se sentir chez son père, chez lui, commençait par entrer dans son propre cœur. Peut-être que cela faisait un moment que ce fils n’était pas rentré en lui-même ! Peut-être qu’à force de partir, il était même parti de lui-même et s’était égaré ? Ce fils cadet, après être entré en lui-même « se lève » et va vers son père. D’une démarche introspective naît une démarche active. Le fils cadet « revient » à la vie.

Le fils ainé qui lui était au champ (moins loin donc mais hors de la maison tout de même), à travailler, revient, et entendant la fête donnée pour son frère, refuse d’entrer. L’on dit souvent que la colère est le signe extérieur d’une douleur intérieure. Douleur de n’être pas reconnu à sa « juste » valeur par le père malgré tout ce qu’il a fait pour lui ? Malgré sa fidélité de fils ? Douleur d’être moins aimé par le père. C’est une colère, une douleur qui l’éloigne de sa maison.  

Quant au père, il « court » hors de la maison retrouver son plus jeune fils quand il revient et qu’il le voit arriver au loin. Et il sort de sa maison pour parler à son fils aîné et le convaincre de rentrer.  

Aimer en parent, aimer comme Dieu c’est aimer à un point de non seulement ne rien dire quand l’enfant veut partir, mais en plus faire semblant d’être d’accord, alors que cela nous transperce le cœur. Aimer c’est laisser l’autre libre de ses erreurs, de ses égarements. Même si cela fait mal. Aimer c’est laisser libre l’autre d’exprimer sa colère. Aimer, c’est même continuer d’aimer même si on ne sait même pas si cela en vaut encore la peine. Aimer c’est parfois même rester impuissant et aimer en silence. Mais aimer en parent, c’est tout oublier et courir prendre son enfant dans ses bras, c’est lui dire « tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi ». Entendez vous votre Père vous dire dans la prière « tu es avec moi. Et tout ce qui est à moi est à toi ».

C’est donc une parabole où l’on part, où l’on se perd, où l’on meurt peut-être, on se meurt. C’est une parabole où l’on a mal où l’on se sent incompris et seul, où l’on refuse de rentrer. C’est une parabole où l’on revient, où l’on rentre. C’est une parabole d’enfants perdus. C’est la parabole d’un Père qui court vers ses enfants. C’est une parabole d’amour. C’est une parabole où l’on revient à la vie.

(Commentaire publié dans Témoignage Chrétien 28/03/2019)


Évangile (Lc 15, 1-3.11-32)
(…) Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. (…) Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. (…). Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! (…) Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers (…) Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. (…)  Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! » –

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