Je crois en Dieu – Moi non plus de Jean Druel


dialogue interreligieux

 

Je ne vais pas y aller par 4 chemins : ce petit livre, facile d’accès, est vraiment génial, et dernièrement, de toutes mes lectures spi, s’il n’en restait qu’un, ce serait celui-là. À conseiller à tous, cathos, musulmans, juifs et (surtout ?) athées. Ça marche pour le dialogue interreligieux, mais aussi entre personnes croyantes et athées, entre parents et enfants (parce qu’on ne parle pas de la même chose…)

Un livre de plus sur le dialogue interreligieux? Non!

En effet, plus que tous les autres ouvrages sur le dialogue inter-religieux qui bien entendu prêchent pour une ouverture d’esprit et des dialogues ouverts et sans jugement, Jean Druel lui nous donne des pistes concrètes. Reprenons au début. Ce petit livre est né d’une interrogation : pourquoi l’on ne se comprend pas entre religions ? Ou même entre personnes qui croient et personnes athées ?  Et Jean Druel part du premier postulat que dès lors que l’on cherche à atteindre une position commune on fait fausse route. Ce qui est important dans le dialogue inter-religieux, c’est justement le dialogue.  Mais pas n’importe comment. Et c’est là que j’ai trouvé son opus, non seulement très intéressant, mais aussi complètement pratique et pertinent.

« Ce qui me semble important de dire, c’est que l’exaspération ne vient pas d’abord de ce que les sujets sont sensibles. Elle vient de ce qu’on a confondu les niveaux d’énonciation, qu’on s’est lancé à faire de la théologie alors qu’on n’est pas croyant, ou qu’on a prétendu faire de l’histoire, alors qu’en réalité on portait des jugements de valeur, ou encore qu’on a déversé son sentiment dans une conversation qui se prétendait scientifique, ou enfin qu’on a confondu théologie et science des religions. »

 

Une approche linguistique

Parce que son expérience est que l’on ne parle pas des mêmes choses et qu’il faut commencer par se mettre sur la même longueur d’onde, et donc pouvoir identifier le discours dans lequel on se trouve pour se mettre au même niveau.

Et il identifie 4 types de discours :

Le discours scientifique, avec des preuves démontrables, quantifiables. Ce sont des preuves scientifiques, historiques. Finalement, ce genre de discours peut être facilement reconnu de tous, croyant de n’importe quelle religion ou athée. Que l’on soit musulman, chrétien ou athée, on peut dire : « l’islam repos sur 5 piliers ».

Le discours dogmatique engage la foi (ou pas) de celui qui l’émet, et repose sur son propre socle de vérité véhiculé par une communauté. Il n’est pas démontrable de manière rationnelle. « Dieu existe » « Jésus est ressuscité » sont des discours dogmatiques.

Le discours sentimental est totalement subjectif et renvoie à celui qui l’émet. « J’aime prier dans une église parce que cela m’apporte la paix ». On ne peut pas  vraiment dire à quelqu’un « non, ce n’est pas ça que tu ressens… » ou « tu devrais ressentir cela.. » Et il faut une sacrée dose d’écoute et de confiance pour entendre et partager sur ce terrain.

Enfin, le discours symbolique émet une vérité dans un symbole, en créant un lien entre deux choses. On peut dire par exemple que le Cantique des Cantiques est le symbole de l’Amour de Dieu pour son peuple. On a aussi le fait de dire que « tel texte nourrit mon âme »

Bref, tout ce que veut démontrer Jean Druel, c’est que le dialogue vrai ne peut naître que si l’envie du dialogue est là. Si je n’ai pas envie, si l’autre n’en a pas envie, cela ne sert à rien. Il faut qu’à la base il faut qu’il y ait une certaine convivialité et surtout une grande confiance.  Puis avec l’écoute vient la reconnaissance du discours que l’autre est en train de tenir. Ou l’on peut entrer avec respect.  Tout dialogue passe d’abord et avant tout par une écoute attentive. Il ne s’agit pas non plus de ne pas rentrer dans le dialogue, et demander pourquoi, comment, mais de le faire en connaissance de cause.

Pour Jean Druel, le plaisir est dans le fait de comprendre, même si cela n’annihile pas les difficultés. Même si on ne comprend pas. Mais il faut passer du temps à écouter mais aussi à essayer de voir, d’entendre ce qui ne se voit pas, ne s’entend pas a priori. Écouter ce qui est important chez l’autre. Ne pas juger. Mais toucher ce qui est beau et grand chez lui.

«  Le dialogue nait de la différence, il s’en nourrit, il la sublime en la rendant belle et aimable »

Jean Druel

PS: Avez-vous lu aussi les deux « Manuel de speed-dating avec Dieu »? Des petits bijoux spirituels….

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2 commentaires

  • Otir
    11 août 2017 at 21:20

    Quelle bonne analyse qui donne envie de lire ce livre ! Merci !!

    • Tellou
      Tellou
      12 août 2017 at 05:01

      Surtout ne pas hésiter à le faire! Bonne lecture!

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